Madame Béatrice
A. a intégré Famille
et Cité en 2005. La plupart des missions qu’elle
assure visent à réorganiser
la vie familiale après un drame ou un traumatisme survenu
dans une famille. On entre alors dans le cadre d’une
situation d’Aide Sociale à l’Enfance (ASE),
qui sont des opérations longues sur le temps.
«On
arrive souvent dans une famille confrontée à un état
de détresse absolue. Le premier contact est le plus important.
Pour être efficace, il faut parvenir à créer
un climat de confiance pour se faire accepter. » Pas
question pour autant de brûler les étapes. Face à des
situations de détresse et de désespoir, il y a
toujours un temps d’observation incompressible. Et observer,
cela prend du temps.
"Car ce n’est jamais simple de pénétrer
l’intimité des
gens. Ils doivent savoir que l’on est tenu par un secret
professionnel et qu’il est de notre devoir de garder pour
nous ce que l’on connaît sur la vie de la famille
au cours de la mission".
Il faut également faire passer le message
auprès
de la famille que l'intervention de Famille et Cité n’est
que provisoire, dès le début, leur faire comprendre
qu’on
n’est pas là pour rester longtemps. Et surtout,
qu’on ne peut rien faire sans leur aide.
"Au bout d’une vingtaine d’heures,
on va pouvoir mettre en place des objectifs au travers d’un
projet personnalisé.
C’est un contrat avec la famille qui pose les
objectifs et les moyens pour y parvenir.»
Face aux situations de détresse et de désespoir,
de ces accidents de la vie, quand les parents perdent pied, le
but de notre intervention à domicile est de redonner un cadre.
Restructurer une vie, c’est souvent reposer
les bases du quotidien. Les tâches à effectuer chaque
jour pour que les enfants s’épanouissent en toute
sérénité.
Le but de notre mission est d’atteindre une autonomie de
la famille, et que cela se fasse dans un climat serein. La plupart
du temps, grâce à nos procédures, on parvient à redonner
un cadre aux familles et à les faire repartir d’un
bon pied.
Malgré l’expérience de situations
très difficiles on ne s’y habitue jamais… « Je
suis intervenue auprès de deux jeunes enfants très
carencés affectivement. Leur mère, dans un état
de pathologie lourde, se laissait glisser. Elle maintenait ses
deux enfants dans leur chambre durant de longues heures pour
qu’ils ne la dérangent pas. Il n’y avait plus
aucune hygiène dans l’appartement. Quant au père,
il était complètement dépassé. Nous
nous sommes attachés à sortir ces deux enfants
de leur environnement, à les emmener à la piscine,
au parc… Néanmoins, malgré notre action,
un signalement a dû être fait et a permis une prise
en charge plus complète de ces deux enfants garantissant
ainsi leur protection. »
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